Les arts urbains gagnent en notoriété dans notre pays. Et pour notre découverte de la semaine, votre magazine préféré s’est interessée à une slameuse que nous sommes partis dénicher à Rufisque, la vieille ville. Samira qui s’écrit aussi « ca m’ira » est une jeune fille de son âge qui aime les mots mais surtout qui adore les décliner. Petit poème avec une architecte des mots…

Awawebzine : C’est un plaisir de vous recevoir sur notre portail dédié à la femme africaine dans toute sa dimension. Samira fait du Slam, elle débute une carrière prometteuse.

Comment êtes-vous devenue une architecte des mots ?

Samira : Je dirais plutôt que ce sont les mots qui sont venus naturellement à moi. Depuis toute petite je dévorais les livres et naturellement l’amour de l’écriture me vint de suite. Et j’écrivais des poèmes car j’ai toujours eu un faible pour les vers. En grande mélomane que je suis, j’écoutais tout le temps du reggae, rap et RnB par la suite j’ai découvert le Slam. Suite à cela, j’ai ajouté un peu plus de rythme à mes écrits et depuis lors le virus ne m’a plus quitté. Je n’ai pas hésité à sillonner la capitale à la recherche de soirées Slam pour me tester et au fur et à mesure je commençais à me faire une petite place au sein du slam sénagalais. Cependant, je ne cesse d’affiner et de faire des recherches car ma philosophie est que le talent à lui seul n’a jamais suffi et qu’il faut travailler encore et encore afin d’adapter son art au temps car même le diamant brut on le taille et rien n’a plus de valeur qu’un diamant. Le mouvement slam m’as conquis et depuis je le pratique en parallèle de mes études. Je termine une licence de Marketing et Communication et j’ai aussi d’autres activités associatives. Mon seul but est d’apporter ma pierre à l’édifice dans cet art oratoire avec un style qui m’est propre, un style atypique assez aigre-doux.

Awawebzine : Vous préparez la sortie d’un nouveau single, dites-nous en plus sur cet événement ?

Samira  : J’ai à mon actif beaucoup de textes dont certains même que je n’ai encore jamais eu à déclamer. Raison pour laquelle, je vais procéder à la sortie d’un single pour ce 19 Février. Le slam est d’abord un art live, brut ; le plébiscité en morceau musicale est très particulier. Avec cette sortie, je veux élargir mon public. Le single "MAMA" vient à son heure. C’est une reprise de mythique groupe « Boyz2men » tout simplement parce que je l’ai senti et dans tout ce que je fais je privilégie mes sensations. Donc ce sera une reprise d’un classique entièrement en slam juste pour les mélomanes ; cet opus a été produit par le label rufisquois « Infinity Posit Recordz ».

Awawebzine : Quel est le programme suite à cette sortie ?

Samira : Le single "Mama" ne fait partie d’aucun projet, pour la suite on va continuer la promotion sur le web et dans les médias classiques. Le morceau sera dispo sur "revebnation" et "souncloud", et sur toutes les stations radios de la place. Mon staff est déjà assez avancer sur un projet personnel qui verra le jour au courant de cette année. Tout cela entre dans le cadre de la promotion du Slam qui est encore méconnue du public sénégalais. C’est un art en pleine expansion qui a de beaux jours devant lui. Nous mettons en place un programmer de prestations où le public aura plus amplement la chance de me découvrir.

Pour finir j’exhorte les jeunes artistes à s’armer de confiance en soi, de courage, de persévérance soupoudré de patience ; rien n’est facile et comme le dit le wolof" dara xeuyoul rek sotti" mais dans la vie il faut garder la foi et avancer en montant des projets solides car les cultures urbaines regorgent de talents exceptionnels. Bonne continuation à #awawebzine et merci beaucoup de m’avoir accordé ton temps. #cam’ira