Quand on rencontre Diouma Dieng Diakhaté la première fois, on a tout de suite l’impression de la connaître depuis longtemps, tant elle est chaleureuse et hospitalière. Diouma Dieng Diakhaté est une femme qu’on ne présente plus. Styliste sénégalaise et même internationale, Diouma ne compte plus les nombreux trophées qu’elle a reçus depuis que sa carrière prit son envol dans les années 80. Plus de 20 ans après ses débuts dans son garage au Sénégal, elle demeure d’une simplicité frappante. Portrait d’une femme déterminée, qui utilise sa notoriété pour des causes humanitaires.

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir le secteur de la mode ?

Diouma Dieng Diakhaté : L’élégance. J’ai toujours aimé les belles tenues. Depuis l’âge de 7 ans, j’aime être coquette. Mais, je viens d’une famille très modeste ; nous n’avions pas beaucoup de moyens. Quand j’ai commencé à travailler en 1969, je gagnais environ 40 000 FCFA par mois. Avec ce salaire, je devais participer aux d é penses de la maison et aider toute la famille. Je n’avais donc plus rien pour m’acheter quoi que ce soit. Alors, je me suis mise à la couture pour m’habiller à mon goût. A l’époque, le tissu ne coûtait pas cher du tout, donc je parvenais à confectionner mes vêtements, puis ceux de mon entourage. Au début, la famille et les amis ne me faisaient pas confiance, mais petit à petit ils ont d é couvert mon talent.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Diouma Dieng Diakhaté : Je suis autodidacte. J’ai acheté une première machine à coudre, et je faisais la couture dans mon garage. A force d’entendre les bruits de la machine, les voisins se sont demandés ce que je fabriquais, puis ils se sont arrêtés pour constater que mes créations n’étaient pas mal du tout. Il a fallu du temps.

A l’ époque, je travaillais à l’Ambassade de la République Démocratique du Congo (ancien Zaïre), puis j’ai été hôtesse de l’air brièvement à Air Afrique. Ensuite, secrétaire de direction pendant 13 ans à l’ASECNA (Agence pour la Sécurité et la Navigation Aérienne ). Pendant ce temps, je m’exerçais à la couture le soir en rentrant du bureau et le week- end. C’était épuisant. Avec mes économies, j’ai acheté une deuxième machine à coudre en occasion.

Mes revenus de la couture devenaient plus élevés que ce que je gagnais à l’ASECNA. J’ai alors demandé une mise en disponibilité d’un an, mais je n’y suis jamais retournée.

En 1982, j’ai quitté mon garage pour louer un appartement trois pièces pour en faire un atelier, et six mois après j’ai changé d’endroit. Trois ans plus tard, j’ai acheté l’atelier de confection Shalimar que j’ai rénové.

L’élégance de la femme africaine.