Vous ne connaissez sans doute pas son nom mais il y a fort à parier que vous avez déjà posé vos yeux admiratifs sur son corps ou son visage. _ Elle a participé, en tant que mannequin, à une campagne très médiatique pour la marque Adidas en Allemagne. Finalement, on donne trop peu souvent la parole à ces très jolies filles qui s’insinuent avec tant de beauté et de grâce sur les panneaux publicitaires de nos villes. L’occasion était trop belle de lui poser quelques questions.

Quand et comment avez-vous commencez à poser ?

Je suis mannequin depuis trois ans. J’ai commencé sans vraiment y croire, à Bordeaux, où j’étais étudiante. Puis, grâce à plusieurs photographes et stylistes avec qui je travaillais, j’ai eu de plus en plus de propositions dont une bonne partie sur paris où j’ai fini par m’installer.

Je n’ai jamais vraiment cru que je pouvais devenir mannequin. J’ai longtemps manqué de confiance en moi et ce sont mes proches qui m’ont encouragée à faire ce métier.

Est-ce que cela représente tout ce que vous ave toujours espéré ?

Pour être honnête, quand on commence ce métier, on s’attend à ce que ce soit difficile, mais tant qu’on ne l’a pas vécu, je crois qu’on ne sait pas vraiment ce que cela veut dire. C’est un métier dans lequel il faut constamment se battre et s’accrocher. On passe un temps fou à courir les castings, à recevoir de très beaux compliments mais également de très vives critiques. Il y a beaucoup d’hypocrisie. Le mannequinât est un réel plaisir, un loisir très agréable, mais certainement pas une voie par laquelle on accède au bonheur.

Le mannequinat c’est un peu " la culture du paraître ", ça vous plaît ?

La mode est en effet un milieu très superficiel dans lequel l’apparence est très importante. Pour moi, le mannequinat est une sorte de thérapie, un monde à part avec ses propres codes. C’est plaisant, mais il faut savoir redevenir soi-même en rentrant chez soi lorsque le travail est fini. Mon meilleur conseil est de systématiquement rentrer en métro afin de se retrouver dans la vraie vie.

En tant que mannequin pensez-vous être un idéal de beauté ? Pensez-vous que votre couleur joue en votre faveur dans ce milieu ?

Je ne pense pas être un idéal de beauté. La notion de beauté est très relative, elle varie tellement d’une personne ou d’une culture à une autre que je préfère ne pas polémiquer dessus.

Concernant ma couleur de peau, il est évident que les choses ne sont pas toujours simples et qu’il existe encore beaucoup de préjugés. Cependant, la victoire n’est-elle pas encore plus savoureuse lorsqu’on s’est battu pour y arriver ?

Cette profession vous a-t-elle permis de faire des choses que vous n’auriez pas pu faire en temps normal ?

Cette profession me permet de voyager, de rencontrer des gens que je n’aurais sans doute jamais rencontrés autrement, de me dépasser.

En tant que mannequin, êtes vous prête à accepter n’importe qui pourvu que vous ayez de l’argent pour vivre ?

Bien sûr que non. Sans ironie, à moins d’être top model, blonde aux yeux bleus ou sous contrat pour plusieurs années avec une marque prestigieuse, mieux vaut avoir un vrai métier sécurisant derrière. On n’est pas obligé d’accepter n’importe quoi ni de perdre sa dignité pour survivre.

Votre moment le plus drôle ou le plus embarrassant ?

Le moment le plus embarrassant est sans aucun doute le jour où, alors que je faisais des essayages en vue d’un défilé, je me suis retrouvé en string face à Jean Paul Gautier. J’étais seule avec une couturière et je n’avais pas prévu de le rencontrer ce jour là. J’avais beau savoir qu’il avait l’habitude de voir des mannequins en petite tenue, c’était très embarrassant parce que j’étais émue.

Quant à ma meilleure expérience, elle correspond au défilé en Allemagne pour la marque de sport Adidas, (en septembre dernier.)

Qu’êtes vous prêtes à faire pour garder la ligne.

J’ai la chance d’avoir une constitution qui me permet de manger sans prendre de kilos. J’en profite, même si je ne suis pas naïve. Un jour ou l’autre, après avoir eu des enfants, je sais que cela changera.

Jusqu’où aimeriez vous continuer professionnellement ?
Je continuerai à être mannequin aussi longtemps que l’on me proposera du travail ?

Etes vous plus à l’aise aujourd’hui dans votre rôle ?

Oui. Avec le temps et l’expérience, j’ai beaucoup appris et je me sens plus légère.

Votre album préféré ?

Je n’ai pas d’album préféré. Mais ma préférence va aux musiques du monde, au jazz ou à la soul dont les paroles et le rythme me détendent ou me font réfléchir. J’apprécie également certains slams ou rap lorsque les textes sont réfléchis et intelligents.

Votre bar préféré ?

Je préfère de loin les soirées entre amis que les bars ou les clubs.