Nous avons prix le récent procès de Lamine Cissé Ndiongue jugé pour le délit d’adultère avec l’épouse d’un douanier. Pour comprendre ce phénomène devenu fréquent dans notre société, nous avons loué les soins de ce spécialiste, Aly Khoudia Diaw qui explique les fondements sociaux de l’adultère qui sous toutes ses formes est devenu un véritable problème de société et prend de l’ampleur dans la société sénégalaise. Toutes les catégories sont presque atteintes et le phénomène brise des familles et des vies en raison de l’impacte qu’il entraine chez les concernés. Joint hier en fin d’après midi, le spécialiste des questions de mœurs, le sociologue Aly Khoudia Diao estime que " non seulement tout notre environnement est marqué par la manifestation du sexe et de sa banalisation, mais aussi et surtout par le fait que la fidélité n’est pas inscrite dans la nature des hommes par le simple fait que l’homme est d’abord un animal et un prédateur qui retrouve instinctivement ses reflexes de chasseur ".

L’adultère devient un phénomène récurrent. C’est quoi au juste le problème ?

Vous avez parfaitement raison, de nos jours le phénomène prend une ampleur jamais égalée et cela s’explique simplement par le fait que la société sénégalaise subit les effets de la civilisation mondialisée sur la base d’une agression multiple de nos valeurs qui reposaient sur les coutumes et sur la tradition. Sur le plan strictement humain, nous sommes guidés chaque jour par nos envies et nos désirs, nous voulons donner suite à nos rêves, nous sommes prisonniers de nos pulsions libidinales qui est un des aspects premiers du " principe de plaisir ", au sens Freudien du terme. La réalité de notre vie quotidienne est marquée par la manifestation du sexe et de sa banalisation. Les femmes sénégalaises procèdent à un exhibitionnisme outrancier qui semble mettre leur corps au devant de la scène, avec de beaux seins en avant, des fesses bien rondes enveloppées dans un jean qui supportent cette carapace sacrément bien balancée, tout cela sur un fond de mimiques et de séduction qui font perdre aux hommes le soleil de midi. Hommes et femmes n’échappent pas à cet environnement, nous le vivons tous les jours et cela incite, pousse à la déviance, à la débauche. Dans ses conditions, il ne faudrait pas être surpris de la recrudescence des cas de viol, de meurtre, d’adultère, etc. En ce qui concerne l’adultère particulièrement le problème est plus complexe car il concerne des hommes et des femmes qui sont dans les liens du mariage et qui, pour des raisons multiples, cherchent le plaisir ailleurs.

Justement comment cela s’explique et comment cela se fait il ?

Il y a plusieurs choses dans les couples d’aujourd’hui. J’en connais un rayon car c’est mon métier de les conseiller, de les remonter, de les orienter. L’adultère peut s’expliquer par l’absence d’amour des deux conjoints qui sont désormais obligés de rester ensemble pour des raisons d’apparences, de convenance mutuelle, à cause des enfants, du voisinage, de l’image des partenaires, etc. l’impuissance de l’homme et la frigidité de la femme est une autre raison. L’homme et la femme, dès l’âge de 15 ans peuvent faire l’amour deux ou trois fois par semaine jusqu’à 30 ans, à des variations prés. Ce qui fait qu’en cas d’impuissance d’un des partenaires ou d’une frigidité marquante de la fille, le couple ne tient plus. La femme ou l’homme peut choisir de rester dans le ménage à causes des ressources financières du couple.

Et dans le cas contraire ?

Dans le cas d’une faiblesse sexuelle de l’homme, si la femme est à la recherche de performance, elle peut s’adonner à l’adultère. De la même manière, si l’un des conjoints est homosexuels, il y’a risque d’adultère. L’esseulement de la femme d’un immigré, surtout jeune, est une cause d’adultère car l’amour est un besoin physiologique qu’on veut toujours compenser les blocages psychologiques, l’éducation de base, l’hygiène de vie, l’expérience en matière de sexe en sont d’autres causes.

Est-ce un problème d’infidélité ?

Mais le plus important est de considérer que nous sommes des " animaux ", et qu’à des situations particulières, notre " instinct de chasse ", comme tous les prédateurs que sont les hommes, refait surface. Nous sommes des fauves, nous sommes des chasseurs, et la fidélité n’est pas inscrite dans nos gênes. La fidélité n’est pas dans la nature de l’homme. Je l’ai dis lors d’une émission télé et cela a froissé grandement. Mais c’est cela la réalité. Nous devons souhaiter que même quand l’occasion se présente, que nous ayons le réflexe et la grandeur de ne pas céder à nos pulsions.