Les femmes ne résistent pas un seul instant à la tentation de l’apparat et jamais elles ne ratent une heureuse occasion de se payer le luxe d’une robe, d’un pantalon, d’une chemisette ou d’une belle paire de chaussures. Et rien n’a manifestement changé, malgré la flambée des prix et les nombreuses difficultés de la vie. Elles ont leurs astuces.

" On a tous besoin de s’habiller, de se sentir belle. On se fait belle rien que pour la satisfaction d’un besoin ". La grande majorité des femmes qui portent ce jugement (d’un besoin physiologique, primaire, comme pour reprendre le sociologue, Abraham Malow), prennent par contre le soin de préciser que c’est souvent au prix de grands sacrifices.

Surtout dans ce contexte de crise qui n’épargne aucune famille sénégalaise où la priorité est de s’assurer les repas quotidiens. On penserait qu’elles se ruinent par coquetterie, cette arme de séduction dont elles ne peuvent se passer ou pour satisfaire cette envie de ressembler aux stars et mannequins des revues de modes que leur reprochent les hommes.

Que non ! Madame Linda Abou Khalil, qui tient un magasin de chaussures en centre ville, affirme que les femmes ne peuvent plus de nos jours de se payer le luxe de s’habiller cher : " Oh c’est fini tout ça, depuis la crise ! Les habits sont trop chers ? ". Selon la commerçante, pour se tirer d’affaire, les vendeurs doivent trouver la bonne technique de vente en jouant sur le rapport qualité-prix. C’est-à -dire proposer des produits de bonne qualité à des prix étudiés.

La sensualité au meilleur prix

En réalité, la boutique de cette bonne dame ne désemplit pas, et sans accepter d’avancer des chiffres sur ses rentrées d’argent, elle déclare être satisfaite de voir ses produits s’écouler facilement. Effectivement devant cette situation de crise, la solution adoptée par l’écrasante majorité des femmes est de s’habiller toujours selon la mode, mais pas cher.

" Les clients se font de plus en plus rares ", déclarent certains de ces commerçants, mais il faut dire que leur problème se situe à un autre niveau. Le marché est envahi de chaussures, d’habits et d’accessoires de toutes sortes et à la portée de toutes les bourses et il y a toujours la grande ruée vers ces étalages qui proposent des articles de femmes à très bon prix, alors que certains commerçants, qui ont choisi de vendre des hauts de gamme, attendent désespérément quelques rares passants qui se contentent d’admirer avant de promettre de revenir.

Et encore faudrait-il ajouter que les femmes savent bien s’y prendre lorsqu’il faut inventer des astuces pour tirer leur épingle du jeu. Par exemple, joindre l’utile à l’agréable en adaptant son style à chaque occasion. On finit par constater que pour se trouver une mise correcte, il n’est pas nécessaire de se ruiner.

Il suffit simplement d’adhérer à l’effet de mode actuel qui revendique une envie de légèreté et joue sur le transparent, mais mise davantage sur la sensualité que sur la classe et la finesse. Les modèles lingerie, prêt-à-porter et accessoires penchent pour un style nonchalant et décontracté, allant même parfois jusqu’au bout d’une insolente impudeur.

D’autant que ce style " sexy " (dans le langage populaire), trop commun et pas forcement très soigné, est plutôt très bon marché ... Ce qui compte, c’est de savoir mettre son look à l’air du temps, sans trop bourse délier et tout en restant au diapason de tous les artifices de la mode. Ce n’est parfois rien d’autre que l’affaire d’une petite astuce de femme. Même si, dure, dure, est la crise !