Une étude menée au Mali par l’Aide à l’église norvégienne (AEN) et portant sur la santé de la reproduction et les droits humains dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou a révélé que le mariage précoce au Mali est une pratique dangereuse et répandue.

Pour cerner avec précision la problématique des mariages précoces dans notre pays, l’AEN a commandité des études dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou.

Elle a également mené une série des restitutions locales à Mopti et à Gao pour discuter des constats avec la population concernée et recueillir les points de vue et les recommandations.

L’atelier de mercredi visait donc à soumettre à l’appréciation des participants les résultats de ces études. La cérémonie d’ouverture était présidée par Ousmane Théra, le chef du cabinet du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, qui avait à ses côtés la représentante de l’AEN dans notre pays, Riborg H Knuosen, et la directrice régionale de l’AEN pour l’Afrique de l’ouest et australe, Kirstzer Engebak.

Les autorités politiques et administratives, les représentants des organisations des Nations Unies, les ambassades, les institutions internationales et la société civile ont participé à la rencontre.
Ousmane Théra a salué l’initiative de l’AEN. Cet espace d’échange constitue, de son point de vue, une étape importante dans la concrétisation de la volonté commune de permettre à la femme malienne de jouir de tous ses droits.

Depuis l’avènement de la démocratie dans notre pays, les autorités ont exprimé et manifesté leur volonté de promouvoir et de protéger les droits de la femme malienne, a indiqué Ousmane Théra.

Le chef de cabinet préconise de multiplier l’information et la sensibilisation sur les mariages précoces et la santé de la reproduction, des facteurs qui influent sur la promotion sociale et économique de la femme et de la famille. Ainsi, en communiquant aux pouvoirs publics et à la société civile, les rapports issus de cet atelier, l’AEN participe à la protection des droits de la femme et à la lutte contre les pratiques néfastes à la santé de la femme et de l’enfant, a jugé Ousmane Théra.

La représentante de l’AEN dans notre pays a, commenté des études qui établissent que le mariage précoce reste une pratique courante dans notre pays. Les résultats révèlent que de nombreuses jeunes filles sont mariées entre 9 et 14 ans, quelques rares fois à 8 ans.

Les raisons invoquées par les parents consistent à protéger les filles contre le risque de grossesse extra maritale. Or, selon Riborg H Knuosen en voulant éviter un tel risque, on met la fille dans une position où elle est exposée à des risques plus graves.

Le mariage précoce est une question de droit, a insisté Riborg H Knuosen, en relevant que notre pays est en porte-à -faux avec les conventions internationales qu’il a signées. Elle a donc souhaité de mener un plaidoyer auprès des autorités politiques et administratives pour une révision de la loi actuellement en vigueur et son application systématique.

Les recommandations de cet atelier, a souhaité Riborg H Knuosen, devraient contribuer à une meilleure compréhension surtout dans les zones cibles, du danger que représentent les mariages précoces.