Cette semaine,nous accueillons dans notre rubrique une journaliste. Oumy Régina Sambou est la « madame culture » de la légendaire radio Sud Fm. Sa voix égaye les auditeurs depuis quelques années et elle est appréciée pour son professionnalisme.

Awawebzine : Bienvenue dans notre tribune hebdomadaire qui accueille toujours de valeureuses femmes. Oumy Régina Sambou est la voix "culture" de la radio Sud Fm, dites-nous comment vous êtes arrivée à la radio ?

Oumy Régina Sambou : Merci à toute l’équipe de votre portail ; c’est un honneur de pouvoir partager avec les awanautes ma petite et riche expérience.J’ai commencé à faire de la radio durant ma 3ème année de Licence ; j’ai suivi une formation en Connaissance des Métiers de l’Information, une branche de la licence en Sciences des Informations et de la Communication de l’université Nancy 2. A l’époque, je ne pensais pas du tout à une carrière radio. Mais je me suis prise au jeu, j’ai acheté un dictaphone et je m’amusais à faire des interviews et à les monter. J’ai fait un premier stage en France dans une radio communautaire et cela m’a énormément plu. En vacances à Dakar, j’ai intègré la RSI (Radio Sénégal International) pour un stage de deux mois.
Et là, j’ai réellement accroché. En année de Master, pour mes deux mémoires, j’ai travaillé sur les usages du net chez les journalistes au Sénégal. Ça a été l’occasion de refaire un passage à la RSI ensuite mon premier stage à Sud Fm où en un mois je me suis réellement épanouie. Après ma soutenance de mémoire et le Master en poche, je suis rentrée au bercail et c’est là qu’à débuter l’aventure avec la radio. On est en 2009.

Awawebzine : Comment est-ce que vous appréhendez les réseaux sociaux par rapport aux médias classiques dont le plus vieux et le plus répandu reste la radio ?

ORS : Je n’ai aucune appréhension par rapport aux réseaux sociaux. Dans nos pays sous-développés, ils sont très loin de pouvoir remplacer les medias classiques .On oublie souvent ça, mais dans un pays comme le Sénégal, il y a moins de 50% de personnes instruites, ils sont une infime minorité à avoir accès à internet et à ces réseaux sociaux. Je n’ai pas les chiffres en tête mais ceux qui sont sur les réseaux sociaux peuvent sembler majoritaires alors qu’ils ne le sont pas. On est tellement à fond dans ce milieu qu’on ne se rend pas compte de tout ce qu’il y a autour de nous alors que la majorité des sénégalais suivent à fond les radios, les télés et les journaux. C’est aussi à nous qui nous sommes dans les médias classiques d’être "connecté" afin de capter ce public souvent jeunes. D’être dans les réseaux sociaux pour bien suivre aussi l’actualité internationale. Parce qu’on le veuille ou non, pour bien suivre l’actualité internationale il faut se connecter aux nouveaux médias tellement ils ont pris de l’ampleur dans les pays développés et même les sous développés. Si on prend par l’exemple du Burkina Faso : les médias classiques ont été très vite maitrisés. C’est à travers les réseaux sociaux qu’il a été possible de s’informer. Pour en revenir aux médias des pays développés, ils ont trouvé des formules pour ne pas péricliter et on devrait commencer à y penser sous nos cieux. Cela tarde à se faire vu qu’en général les patrons de presse sont d’un autre âge avec des conceptions de diffusion d’informations totalement obsolètes.

Awawebzine : Quel regard portez-vous sur la culture au Sénégal ?

ORS : C’est un regard toujours neuf. Je préfère m’étonner et me ravir de ce qui se fait et de ce qui marche. Il y en a qui se plaignent toujours que l’Etat ne les soutient pas ; que la politique culturelle laisse à désirer. C’est surement justifier mais je préfère garder un œil sur les vrais acteurs culturels, qui croient tellement en eux qu’ils sont capables de soulever des montagnes avec peu de moyens. Au niveau national, le secteur est souvent négligé alors qu’il nous vaut de réelles satisfactions au niveau continental et international et cela dans toutes les expressions artistiques...
Pour terminer, je dirais que la culture c’est ce qui nous identifie, nos us et coutumes, les règles de bonnes vies et bonnes mœurs, ces choses qui semblent si désuètes à notre peuple si acculturés d’aujourd’hui qui considère qu’un reniement ce n’est finalement pas si grave ; et c’est vraiment dommage !