Cette semaine AWA Webzine vous invite à la découverte d’une femme qui fait trembler les chefs d’Etats africains. Elle ? C’est Fatou Bensouda, une avocate de 55 ans qui est au-devant de la scène grâce au procès super médiatisé de l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo.

Celle qui est procureure générale de la Cour Pénale Internationale depuis 2012, n’a pas du tout froid aux yeux.

Fatou Bensouda a une formation d’avocate. Après une scolarité secondaire brillante, elle devient quelque temps greffière au tribunal de Banjul, puis entreprend des études de droit, grâce à une bourse dans plusieurs universités du Nigeria, se spécialisant dans le droit maritime. Ministre de la Justice sous le gouvernement du président gambien Yahya Jammeh, entre 1998 et 2000, elle est ensuite passée par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha en Tanzanie, avant d’atterrir à la CPI, il y a de cela neuf ans.

En début décembre 2011, elle est nommée procureur général de la CPI en remplacement de Luis Moreno-Ocampo. Elle prendra effectivement son poste en juin 2012. Elle aura la lourde tâche de redorer l’image de la CPI qui donne l’impression d’être une institution instrumentalisée par le monde occidental pour se débarrasser des Africains qui ne veulent pas sauver leurs intérêts. Son test commencera par le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo, l’audience de confirmation de ses charges devant débuter le 18 juin 2012, pour aboutir à son inculpation éventuelle.

Mais cette femme ne fait pas l’unanimité surtout sur le continent noir. Pour beaucoup d’africains, Fatou Bensouda est le bras armé des occidentaux qui utilisent la CPI pour juger uniquement des présidents africains. Cette étiquette lui colle à la peau mais pour cette dame de poigne, comme le décrivent ses collaborateurs, rien ne la fera reculer. Depuis l’ouverture du procès de Laurent Gbagbo, la procureure multiplie les sorties et assure de la crédibilité de son accusation. Pour l’heure, elle bénéficie d’un large soutien de la part de beaucoup de femmes à travers le monde qui voient en elle une femme africaine influente. Et pour l’heure c’est de celles-là dont le continent a besoin pour une émancipation.

Fatou B. Bensouda est mariée et mère de deux enfants.