Moult de nos proverbes ne sont guère élogieux à l’égard de la femme. Pourquoi ? Doit-on comprendre qu’il s’agit simplement ici du langage d’une société phallocratique ? Ou doit-on admettre que vis-à-vis de la femme, la sagesse des anciens a souvent péché par insuffisance de connaissance ? Essayons d’analyser l’un de nos proverbes les plus connus, pour, non pas, en pénétrer le sens, mais chercher à découvrir les fondements qui ont peut-être présidé à son éclosion.

Nous allons mentionner ici, cet adage qui nous apprend " que l’esprit de la femme est courbé à l’image de ses seins " En clair cela veut dire que l’intelligence de la femme est semblable à ses seins qui se flétrissent, perdent vigueur et s’affaisse à mesure que le temps fait son œuvre. Autrement dit plus la femme s’avance en âge, plus elle devient " idiote " (excusez du peu).

Qu’est-ce qui a amené les anciens à s’exprimer de la sorte, à refuser de prendre en considération l’apport intellectuel de la femme frappée de vieillesse ? Pourquoi essentiellement en Afrique seul le vieillard qui meurt " est une bibliothèque qui brûle " selon la belle expression d’Amadou Hampathé Ba et que la vielle reste une radoteuse dont on ne doit point prendre en compte les paroles ?

A notre avis un début de réponse se trouve dans la genèse. A l’instant de créer la femme, les Ecritures saintes nous apprennent que Dieu fit endormir Adam, et préleva une de ses côtes, avec laquelle, il modela Eve, la mère de l’humanité. N’est-ce pas là l’essentielle source de l’erreur des anciens à reconnaître la force de la pensée de la femme, au soir de sa vie ? Il peut paraître évident que les anciens ont pris en considération la forme de la côte, c’est-à-dire sa courbure anatomique, pour asseoir leur réflexion.

En clair, puisque Dieu les créa d’une côte, Il nous signifie par là que tout chez elle procède de la courbure. S’il en était ainsi, le tort des anciens fut de s’arrêter à la forme et non à la fonctionnalité de la côte. Et d’emblée posons la question : à quoi servent les côtes ?
La physiologie nous apprend fort bien que les côtes ont pour rôle essentiel de protéger certains organes et l’on peut citer : le cœur, les poumons, la rate, le foie, les reins.

Or ces organes sont dits nobles, c’est-à-dire primordiaux aux fonctions vitales. Dès lors le choix du créateur de la côte dans l’avènement de la femme, devient plus qu’évident. Il s’agit de faire comprendre à l’univers que cette créature-ci est destinée gardienne des valeurs du monde, et par ce fait devient le prolongement de la Sublime Main dans son œuvre de création.

Déjà la femme est chargée de garder le fruit de la conception. Et par ce fait même, elle détient les clefs de tous les trésors de l’humanité, c’est par elle que la société s’épanouit ou disparaît. La force de son raisonnement se mesure à la prospérité de son alentour. Elle est le chemin par lequel tout élément atteint ses dimensions culminantes. " Derrière la réussite de tout homme il y a une femme " Mariama Ba dixit.

De la même façon si la pensée de la femme décline, c’est la société qui dépérit. Car n’ayant plus la capacité d’assumer les fonctions de gardienne des valeurs qui sont les siennes, elle laisse tout s’étioler, et ce pourrissement finit par atteindre le cœur, les poumons, les reins, le foie de l’humanité, et c’est la mort de tout. Une société ne meurt véritablement que lorsque la femme oublie son rôle crucial et se laisse aller à des dérives.

Aussi, est-il important que dans ces temps de consommation à outrance où de plus en plus la femme est ravalée à un vil objet de plaisir, que la compagne de toujours de l’homme ne perde point ses repères. Et tant que sa pensée restera éclatante même sous la pression des âges, la femme est assurée de participer à l’émergence d’une société forte de vitalité où toutes les valeurs sont jalousement sauvegardées. Sous son éclat de rire, la beauté de ses traits et la générosité de son cœur, les fils d’Adam, ses propres enfants prendront leur envol assuré vers un destin meilleur.